Hier au cinéma : Hors de contrôle

Hors de contrôleCritique express : Bouhouhou… Non, mais non, quoi… J’en ai marre des bouses… A fuir.

Bon alors. Imaginez. Vous êtes un méchant. Mais pas n’importe quel méchant, noooon. Vous, vous faites les choses en grand.
Une grande baraque. Baroque. Parce que ça le fait et sinon c’est un coup de snipe dans ta gueule.
Des robes de chambres « gay paris » en peau de lézard. Comme tu connais bien la mythologie des ripoux, tu empruntes à un certain de tes collègues son coté bling-bling. Et oui les méchant ce n’est pas que de la méchanceté c’est aussi du partage (ou du vol, selon). Afin de protéger ta pudeur (t’as quand même la gueule la plus moche du film), tu t’offres de luxueuses voitures noires avec des vitres-comme-au-cinéma. Et les gardes du corps ! Mais oui ! Il t’en faut !

Bon t’y es là ? T’es le méchant. C’est toi qui décide.
Alors problème. Il y a une grosse tasspé qui arrête pas de te chauffer, elle a probablement sucé pour avoir le rôle. Comme t’es trop moche et que jamais tu te la taperas, tu décrètes: 1/ l’état d’urgence contre les salopes, 2/ tu tueras le réalisateur (ce dont le spectateur te remerciera). En plus elle t’a piqué des gros secrets, avec des terroristes et tout. La pute j’vous dis. Bon bah n’y allons pas par quatre chemins, on l’empoisonne (on note le « plan ») et on n’en parle plus. Ah fait chier cette connasse s’échappe. Et bah c’est pas grave, tu te rappelles le snipe au début ? Et bien il joue aussi du shotgun ! La vie est bien faite (mais trop courte).
Alors problème. Comme t’es un tout petit breton, tu ne t’es pas rendu compte que le papa (le papounet tout doux) est un flic. Et oui. Un flic de la police. Mais bon, à la limite, tu pourrais gérer cela. Mais le véritable problème, l’épine dans pied, la flaque d’eau à la sortie de la portière, la merde qui s’accroche dans la cuvette, c’est que c’est le gentil. Eh oui. Pas de bol. C’est vraiment con. D’ailleurs c’est tellement con que cela ressemble à une invraisemblance scénaristique. Mais je suis mauvaise langue. Non, vraiment, ce début de film laisse augurer du grand. Du grand n’importe quoi bien sûr.

Bon, tu n’as quand même pas complètement raté ton coup. Tu l’as bien dévasté le père fidèle (on y revient dans un instant). Il était déjà pas très net, mais là d’un coup il se met à voir des images de sa fifille adorée et même qu’il l’entend lui parler. De la grosse hallu comme on n’en fait plus depuis les années 70. Et, coup de chance ! Tu as le monteur (qui est secrètement amoureux de toi) qui va te donner un gros de pouce. Des violons. Par milliers. Et dire que j’avais encore oublié mon baquet à vomi. Mais Dieu ! Oui, Dieu ! Le grand. Le bon. Lui, il est là. A coté de notre papa. Il le suit à chaque instant. Les images sont truffées de crucifix pendus aux murs tels des pères noëls abandonnés et les répliques fourrées à la mort moi le dieu, seyant parfaitement à Mel Gibson. Merci Mel. Il y a tout de même cette réplique qui tue : « A vous de choisir si vous préférez mourir sur la croix… Ou enfoncer les clous. ». Le spectateur, lui, en est déjà à l’agonie finale.

Mais dans la vie, Dieu ne suffit parfois pas. Parfois, on doute. On se demande si tout ce folklore c’est pas du bidon pour faire rire les scientifiques et les enfants. Ahhhh, les enfants. Parlons en des enfants. On apprendra au cours de ce film qu’il vaut mieux en faire et les perdre, plutôt que de ne pas en avoir du tout. C’est un peu comme il vaut mieux manger et faire caca, plutôt que de ne pas manger. Un conseil plein de bon sens. On apprendra également que l’on fait des enfants pour qu’ils nous accompagnent dans notre déchéance sénile, et pour ne pas crever tout seul comme un con. Mais Mel démontre avec un certain brio que c’est loin d’être la panacée. Sa gosse ne l’empêche pas d’être con, bien au contraire. Pour finir cette petite digression sur ces aliens humanoïdes présentés comme l’essence sacrée de l’homme, il faut savoir que l’on a le droit d’être stupide et lâche parce qu’on a une
famille. Enfin, quand je dis « apprendre », c’est un abus de langage. Toute bonne grosse bouse qui se respecte nous a déjà bien seriné la gueule avec ces préceptes.

Les personnages secondaires auraient tout aussi bien pu être directement intégrés au personnage de Mel Gibson tellement ils sont insipides. Ce sont les dignes gardiens des divers clichés qui s’égrènent au cours des trop longues minutes de ce film. Il y a tout de même une performance à noter. C’est celle du tueur qui arrive à déterminer l’instant exact et précis auquel une pouf sort de la voiture. Il lui arrive bien à 80 km/h sur la tronche, donc c’est du balèze. Il s’est garé, tranquille, à 100m de là. Il a regardé discrètos le futur et a démarré le moteur. Du gros balaise. Bon deux secondes après il est moins malin et meurt salement noyé d’une balle dans la tête.

Et dire, dire ! Qu’il suffisait d’une balle de plus, au tout début… Pour éviter au spectateur en perdition cette horreur dégoulinante. Un échec complet de votre carrière de méchant, qui sera dûment puni par un retournement de veste surprise de votre allié à la fin. Je ne vous salue pas, monsieur.

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