Hier au cinéma : 2012

2012Critique express : Au secours. Par pitié. À fuir.

L’horreur sur Terre. Non pas dans cette pseudo fiction fable raclure de bidet de film, mais bien dans la salle. Souffrance infinie d’une âme en perdition. Les rouages machiavéliques s’étaient mis en marche bien avant grâce des horaires savamment dosés et des salles qui étaient pleines avec fort à propos. 2012. Pourquoi diable n’écoutais-je pas ma petite voix qui me disait de fuir, fuir très loin ?

Un jour, il y a longtemps, je ne me souviens plus tant la mémoire se met à me trahir (séquelle des dommages irréversibles au cerveau que provoque ce film), un homme m’a dit : « Tu verras, 2012, c’est comme le MacDo. C’est pas très bon, tu en as envie avant, et tu n’es pas très fier après. » Cet homme m’a menti. Éhontément. Il s’est servi de mon empathie à fleur de peau pour me la faire (la peau). 2012 ça n’a rien du MacDo. Ça ressemble plutôt à du KFC (Kentucky Fried Caca) broyé dans des petits os d’enfants obèses et débiles nés de parents consanguins au sixième degré. Et encore, je reste gentil et sympa.

2012, c’est un film que je vais pouvoir vous narrer en détail. Grâce à deux choses. Premièrement, 2012, on ne peut pas le spoiler. Non non, on sait tout au départ, ce qui est pratique et enlève un peu de suspense mais on s’en fout, parce que de toute façon le pire est encore à venir. Deuxièmement, tant qu’à être dans la mouise, je pris mon courage à deux mains et me mis à noter sur un petit carnet que j’avais amené (avec ce sens de l’idée que beaucoup, hommes et femmes, m’envient) avec moi. Hélas trois fois hélas, j’ai dû m’interrompre au milieu, tant les WTFs abondaient en pluie délétère. Trop de choses à noter. Donc si j’ai oublié quelque chose, pardon. De toute façon, il n’est pas possible de tout noter sur ce film.

Je vous propose un petit quizz avant de parler du scénario proprement dit. Je vais vous présenter des personnages, il faut déterminer si ils survivent ou pas.

  • Un jeune noir élégant qui dès le début prend soin de son prochain. Bon ok c’est facile, lui il survit.
  • Un scientifique indien au physique très banal, qu’on ne voit que très peu. Il va claquer direct avec sa femme et son fils, c’est très clair.
  • Un russe bien antipathique qui bouscule tout le monde. Attention piège, il a deux enfants, on pourrait croire à un sursis mais il n’en est rien. Il meurt salement.
  • Un homme écrivain qui aime beaucoup ses enfants et qui comme par hasard a écrit un roman sur la fin du monde. Non seulement il survit, mais en plus il va reconquérir sa femme.
  • Un homme qui fait de la chirurgie plastique et qui n’est pas trop sympathique. Alors lui c’est délicat, il se rachète tout au long du film, mais en fait comme il ne peut y avoir qu’un seul homme par femme (celle ci-dessus), et bien on le tue. Poum dans un rouage. C’est pas de chance mais franchement, fallait pas niquer la femme d’un autre. Connard. D’ailleurs elle t’a oublié avant même le début du film. C’est fou, être retiré du pool génomique humain ça tient à rien.
  • Tu es un enfant que l’on voit beaucoup à l’image. Aucun souci aucun danger, les enfants c’est sacré tu vas pas mourir.
  • Tu es une bombasse et un mec a flashé sur toi. C’est ok. Il faut faire plaisir au public masculin de gros bœufs suintants.
  • Le président des États UnisTM, les États les plus forts du monde, d’ailleurs il n’y a que cela qui nous intéresse, les autres humains c’est de la crotte. Ahah ! Alors, il survit ou il survit pas ? Il a une tête de macchabée moi je dis. D’ailleurs il meurt parce qu’il veut rester avec son peuple (notons que sa décision entraînera de nombreuses morts indirectes).

Voilà voilà. J’espère que vous n’avez pas triché. Passons au scénario.

Commençons. Dès le départ, le ton est donné : on est dans le grand folklore. Il existe, depuis la très grosse éruption du soleil, des neutrinos dit « mutants » (oui oui vous lisez bien), qui vont liquéfier la terre. Ah bon. Moi je croyais que c’était déjà liquide mais visiblement non. En tout cas, une fois liquéfié, tout fout le camp. Ah bon (derechef). Je sais pas, mais une balle de ping-pong il n’y a rien à l’intérieur, et elle n’implose pas comme une merde. En plus, ce qui fait bien en ce début de film, c’est les « dongs » musicaux avec les alignements d’étoiles (dont au final on n’apprendra rien). Et ouais on rigole pas avec les étoiles. Et bien entendu c’est le grand retour de la chose à avoir dans ce genre de film : une grande écriture clignotante qui indique le lieu, et l’heure comme si des aliens s’étaient mis à la typo. C’est génial mais je croyais que ça faisait has been depuis 10 ans au moins (je suis bien certain d’avoir vu des films l’utiliser comme ressort comique). Emmerich il s’en fout il est au dessus de tout ça.

Donc, on s’aperçoit qu’il y a des vilains neutrinos qui bousillent la planète. Deux autres fonctionnalités qui seront récurrentes sont introduites rapidement. Premièrement, les durées qui se divisent perpétuellement. Un exemple : « Ça c’était dans l’e-mail de la semaine dernière. Depuis, ça double toutes les heures ! » Doublé ! Incroyable ! Bien entendu ça c’est trois ans avant 2012. Donc si ca continue, en 2009 et quelques jours plus tard, c’est foutu. Mais non finalement, non. C’est bien en 2012 qu’on crève tous. Deuxièmement, le pare-chaleur automatique installé de série sur tous les protagonistes. Qu’ils soient à deux centimètres de la lave ou bien au milieu d’une tempête tropicale, les héros ne suent jamais. Le meilleur exemple en est ce début, où on ouvre une trappe sur le cœur de la Terre (mais lol!) et où on voit bien que ça bouillonne sec là dedans. Pourtant, pas chaud du tout. C’est peut être parce que c’est un noir le héros, il est habitué à avoir chaud. Sale film de raciste je dis. En tous cas personne ne sue c’est certain j’ai vérifié. Et, pas de sang non plus. En Amérique, on est propre. On peut être blessé mais on ne saigne pas. C’est bien fait (on voit du sang à deux moments dans le film, alors qu’on éclate du civil par milliers).

Puis, présentation du héros numéro 2 (le gugusse avec le livre). Celui-ci est joué par John Cu -de- sak, à qui je voudrais dédier la récompense bien méritée du chien haletant d’or. En effet, il réussit avec brio la performance rare de rester pendant la totalité du film la bouche ouverte comme un débile. Il ne la ferme jamais, restant à jamais à béer devant les catastrophes qui se déroulent sous ses yeux. Heureusement, à la fin il doit aller sous l’eau, donc il doit bien sûr fermer son clapet sinon il se noie. Je suis d’ailleurs fort heureux d’annoncer ici-même, et pas plus tard que maintenant tout de suite, que la relève est bien assurée, par pas moins que Shia LaBeouf, qui possède lui aussi ce don rare, parfois appelé par les médecins « le syndrome du poisson rouge » (ne rigolez pas, j’en connais en vrai).

Ce héros est séparé de sa femme. Mais les regards langoureux « je vais te niquer grave salope pour repeupler la terre de mes gros gènes » en disent long sur l’issue facile de leur couple, la baise sur un gros bateau. Pour cela, rien de tel que de supprimer proprement et simplement, avec la lâche complicité des scénaristes, le nouveau mari de la dite donzelle. C’est youpi c’est gratuit. D’autant plus, je dirais, qu’il le mérite. Ce petit bâtard réalise des prothèses mammaires (et on l’aura compris, depuis Charlie les filles lui disent merci, c’est pas le rôle du mec sympa), et a la totale outrecuidance de garder son habit de travail hideux en bleu. Honteux ! J’en fulminais de rage sur mon siège, attendant sa mort dans un gros rouage salvateur avec impatience.

On continue très rapidement dans le gros n’importe quoi. Voyant que le problème est vraiment très grave (la Terre va être engloutie sous un raz-de-marée géant), les gouvernements prennent la seule décision rationnelle : tout cacher à la population. Comme ça, au lieu de pouvoir mobiliser la majorité de la population pour sa propre survie, on sélectionne une petite minorité pour la survie d’une encore plus petite partie. Le plan parfait. Afin de bien minimiser les risques, on construit les arches (de Noé) dans un seul endroit bien inaccessible, en Chine. Et on tue tous ceux qui découvrent la réalité (ce qui à l’heure des fuites internet me semble un peu compliqué, mais je mets ça au conditionnel au cas où des gens viendraient s’inviter chez moi). Donc fatalement, le plan va chier.

Mais il y a mieux. Comme au final, c’est un problème de géologue, on fait appel à… une seule personne. Et oui, c’est bien suffisant pour prévoir la fin du monde. D’ailleurs on ne fait appel qu’à des scientifiques des États Unis. Et là, oh, c’est pas de chance, le monsieur s’est trompé dans ses calculs, et bien, hop, le délai pour construire les arches, envolé. Il va donc falloir improviser et aller vite vite. Une remarque à un moment m’a faite bien rire : « Tous ces instruments, toute cette science, et nous nous trompons… Les mayas eux avaient tout prévu… » Mais lol ! Et comment ils avaient prévu ? En chiant sur des truelles et en mesurant la vitesse de séchage au soleil ? Qu’est-ce-que c’est que cette remarque destructrice de science à la con ?

Et donc, ça y est !!! C’est la merde ! Il va falloir sauver sa peau, prendre des décisions à l’encontre du bon sens (mais bien mouleuses), et réaliser quelques actes héroïques. Je suis sûr d’en oublier tellement il y en a, mais une chose m’a marqué. Les failles terrestres ne sont pas du tout le fruit de la science. Non, elles sont magiques. Je m’explique. Avec un à propos que les autres catastrophes naturelles ne peuvent que leur envier, les failles s’arrêtent toujours pile poil juste avant la voiture, l’avion, le minibus et j’en passe des héros. Mais pile poil. Forcément, un mètre plus loin et le film se voit brusquement raccourci de 50 précieuses minutes, et on a du budget en trop, alors autant faire de la merde. Le coté magique de la faille s’explique aussi par le fait que les conducteurs divers, quels qu’ils soient, sont tous des professionnels aguerris de la conduite, maniant le volant avec une précision dont Schumacher doit rêver chaque nuit.

Bien entendu, les autres évènements ne sont pas en reste : tours qui tombent, boules de feu, et j’en passe, évitent aussi avec une précision millimétrique les « gens à sauver » (c’est écrit sur leur gueule). C’est le moment où il faut jouer les héros. Je ne peux pas passer sous silence l’abnégation totale du président. C’est un homme bon. Après avoir décidé d’envoyer la majeure partie des humains au casse-pipe, visiblement il se repend. Il va donc entreprendre de manière très maligne d’envoyer sa fille sur l’arche (lui disant qu’il la rejoint, le fourbe) et ensuite, il passe parmi son peuple dévasté, aidant comme il peut (alors que cela ne sert à rien). A noter que son absence, en tant que Chef Suprême des HumainsTM entraînera un vide décisionnel. Vide décisionnel qui se traduira par de nombreuses secondes, puis minutes, de perdues, et par là même autant de vies. Héhé. Un malin le président je vous dis.

Détail piquant que ces mesdames apprécieront, lors des aventures de nos biens sympathiques compagnons, nous noterons le coté totalement macho de ce film. Ce sont toujours les hommes qui réalisent les actions, qui prennent les décisions, bref, qui mènent la barque. Les fifilles elles sont là pour faire joli dans le décor alors elle fait pas chier la pouf sinon je la renvoie dans le volcan. Non mais. C’est normal, il faut du muscle pour réfléchir (ce qui me fait penser que le réalisateur devait être du type ultra-chétif, genre phasme en sous-nutrition).

Après des péripéties dont on ne retiendra que soit le scénariste est un sacré rigolo, soit un fou, on arrive au grand final. C’est tout aussi superbe. On pose l’avion en catastrophe dans la neige parce que Hawaï sent le caca, on croise « par miracle » (toujours cet à propos qui nous taraude) la voiture du coin, qui se trouve être conduite par le constructeur d’arche qui s’est posé quelques questions et qui a le plan pour rentrer en douce. Que du bol. Donc à la fin, on s’aperçoit qu’il ne faut pas sauver les ouvriers, ah si, ah non, ah si. Bon on les sauve parce qu’un monsieur émouvant nous a sermonné, et que si on bousille tout espoir que l’humanité survive, on s’en fout. Au passage on découvre que les politiques sont vraiment dégueulasses, mais on les garde quand même sur le bateau. Bateau rempli de graphiques rigolos, comme l’ensemble des appareils de l’armée. Ça fait des courbes, des points qui clignotent, il y a des petits globes miniatures un peu partout, c’est super. Personnellement moi je n’y comprends rien à ces images sans chiffres et sans lettres mais visiblement mon niveau d’études est trop faible, j’aurais dû tenter les 10 ans. On s’aperçoit d’un autre problème. Construire un bateau dans les montagnes, c’est rarement une bonne idée (on se demande bien pourquoi). Il se trouve qu’on va s’échouer sur l’Everest. C’est pas de chance, mais franchement, qui aurait pu prévoir cela ? Personne ! D’autant plus qu’un autre phénomène imprévu se passe : une vague d’environ 1500m (énoncé pendant le film) de haut arrive sans peine en haut de l’Everest (enfin juste avant, encore et toujours, l’à propos), c’est curieux mais j’aurais cru qu’il y aurait un phénomène naturel de rétention. Mais il n’en sera rien et l’Air Force One, judicieusement disposé à coté des arches, ira lourdement s’écraser contre le cockpit.

Un mot, en vitesse, sur la B.O. Tu aimes le violon ? Tu es très ému par ces scènes déchirantes de familles qui meurent ? Alors cours vite vite chez ton disquaire préféré pour acheter la B.O. sublime de 2012. Sinon, si tu es comme moi, prépare à l’avance ton sac à vomi. Rien de plus détestable que des violons à deux balles qui appuient lourdement une scène déjà trop surjouée. C’est comme mettre du maquillage sur un masque. Cela ne se fait pas.

Outre la rédemption du cul qui est développée pendant tout le film, la rédemption du papa/du fils est elle aussi bien mise en avant. Ce thème déjà évoqué maintes fois (notamment dans Looking For Eric, quasiment réplique pour réplique) au cinéma, est ici repris avec justesse. Explication. Imaginons un mauvais père. Oui, un père indigne qui fait passer son travail avant sa famille. Un père indigne qui souffre d’une tare qui à notre époque n’a plus lieu d’être, celle d’être dans la lune. Et bien ce père, et c’est bien normal, est puni. Puni par nul autre que son propre fils, la chair de sa chair, pour qui il a sué sang et eau pendant environ huit minutes (durée moyenne du coït chez l’humain) afin qu’il possède ce don merveilleux de dieu qu’est la vie. Fils qui l’appelle par son prénom, « John ». Alors qu’il devrait l’appeler papa ! Vous le croyez ça ! Heureusement, devant la situation critique, et devant le fait que son père d’adoption commence à sentir salement le macchabée au niveau du scénar, il se remet, tout naturellement, c’est à peine appuyé au niveau du jeu, à l’appeler de nouveau papa. C’est-y-pas-beau.

Et le téléphone ? Hein ? On en parle pas ! Booooouhhh x2b4, sale nul ! Mais si, j’en parle. Le téléphone permet de faire de magnifiques séquences émotions. Dès que quelqu’un sent que la fin est proche, vite, il appelle la personne à qui elle n’a plus parlé depuis 20 ans pour dire qu’il l’aime, qu’il regrette, etc… Note pour plus tard : En 2012, lors de la fin du monde,  ne pas décrocher le téléphone ! Jamais ! Dès que quelqu’un décroche, ça y est c’est fini. Vous pouvez être sur qu’environ trente secondes plus tard, c’est la merde. Une coulée de lave guillerette, , un tsunami tout gentil, un ravin charmant, tout est bon pour couper la ligne. Par contre, la gestion des téléphones, et les centrales, elles, ne subissent visiblement pas les mêmes catastrophes, puisque le téléphone, soit-il filaire ou non, continue de marcher jusqu’à la toute fin. C’est vraiment bien fait.

Le final tout final nous montre une bien agréable scène de cul à l’américaine, c’est clair qu’il faut repeupler, et une autre bonne nouvelle, l’Afrique ne serait pas touchée. Ils ont eu de la chance les barbares. Il ne nous reste plus qu’à mettre le cap vers cette nouvelle Amérique (on ne va pas leur laisser non plus ?).

2012, c’est le film résumé. Il résume, en une seule fois l’ensemble des merdes à éviter dans un film d’action américain. J’en recommande chaudement la vision à tout apprenti-réalisateur. Il faut prévoir un bon gros cahier d’environ 120 pages pour pouvoir bien noter tout ce qui ne va pas, des mouvements de caméra au scénario, du jeu d’acteur aux climaxs avortés.

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1 commentaire

  1. alors voila, une superbe critique (y a pas a tortiller du cul, je lui met 6/5 ) mais voila, depuis plus rien ! L’auteur souhaite-t-il s’arrêter sur ce chef d’oeuvre ?

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